« Le spleen du cavalier léger », poème de Bolesław Wieniawa-Długoszowski

Don Quichotte sur un cheval, Zygmunt Waliszewski, 1934

 

 

 

 

 

 

 

LE SPLEEN DU CAVALIER LÉGER

Essayez donc de nous comprendre, moi et mon angoisse,
Quand à deux, nous courons vers des mondes extraordinaires,
Vers des phénomènes qui disparaissent avant d’avoir existé,
Et le cœur – pardon –  attend aussi cet événement,
Comme le cœur du cordonnier, du tailleur, de l’homme simple,
Et il a le droit d’avoir son bonheur individuel sous les yeux.

Est-ce étrange si le public des cafés nous dégoûte, nous horrifie,
Est-ce une grande surprise, ou même une grande faute,
Si la radio et les cinémas pleins de bruits ne nous suffisent plus?
Alors, que tout bourgeois voulant s’enorgueillir de ses plumes, sache
Que je peux aussi, même dans mon rôle d’honnête cavalier léger,
Rêver et espérer que ma coque s’élève soudain avec des ailes.

Et après avoir tant attendu et espéré cette première heure,
Près de l’aube lunaire, ou dans la lumière d’or du matin,
S’envoler au-dessus des nuages dans un avion comme celui-là,
Et se laisser emporter dans la danse, dans le vent planétaire,
Courir jusqu’au bout de l’univers, plus loin – à l’illusion de la fin,
En poursuivant sa propre folie imaginaire.

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Lire la version originale du poème

Image domaine public: pinakoteka

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