« Jette au loin, mon âme », poème de Jan Kasprowicz

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Jette au loin, mon âme

Jette au loin, mon âme, ces feuilles jaunies qui te recouvrent,
Redresses-toi comme les êtres forts et en santé, qui croient
À la joie du printemps, avec la venue des premiers rayons chauds !

Que des sources d’eau douce en toi, sortent et se heurtent,
Qu’elles coulent à flots et se mêlent aux cours d’eau voisins,
Qui dans la douleur ressemblent à des guerriers défaillants.

Bois et aspire en elles cette force, qui transforme
Les derniers moments d’une bataille en un triomphe éclatant de la vie,
Dépossédant la mort blanche et hâve du piège tendu…

Quoi ? es-tu en train de tomber ? L’heure de ta flétrissure
Serait donc arrivée, comme pour ces plantes et pour ces herbes
Qui se fanent dans un quelconque endroit, à l’abri de la forêt ?

Oui ! car, bien que tu embrasses le vaste monde aux alentours,
Tu n’es point plus forte, mon âme, que cette petite plante sous tes yeux…

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original: Antologia Młodej Polski

Image domaine public: pinakoteka

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