« Je te salue », poème de Jan Kasprowicz

brzeg_morza

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Je te salue

Bien que tu me secoues et me jettes sur une vague écumante,
Comme la tempête en mer le fait avec les restes d’un vaisseau,
Là où le soleil ne parviendra pas à brûler mes nuages,
Là où chacun de mes cris meurt et se perd dans l’horizon sourd
Du chaos —

Bien que tu verses dans mon âme des sources de fiel
Et que ma pensée en arrive parfois à penser dans la contradiction,
Bien que je prononce des imprécations
Contre moi-même et contre mes proches, quand tes soucis
S’emparent de moi —

Bien que tu m’aies marqué et béni de ton sceau ensanglanté,
Quand tu te tenais, debout et pâle, au-dessus de mon berceau ;
Bien qu’à cause de toi, je sois parfois comme un vieillard,
Et que la mort me semble si proche
Sous le bruit de ses ailes :

Je te salue, ô toi, dépourvue de rayon de lumière
Qui caresse les cœurs morts avec la lueur d’une espérance,
Toi, qui enveloppée dans un manteau d’ombre sans fond,
Es la source de mon chant et la mère de mon inspiration, je te salue,
Ô douleur !…

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original: Antologia Młodej Polski

Image domaine public: pinakoteka

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