« L’amour », poème de Tadeusz Nalepiński

800px-le_deluge_-_musee_de_beaux_arts_de_nantes_20091017

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

— Arrête-toi !… Derrière moi, reposent l’abîme, la malédiction et le ravage !
         Ta tête fière va se briser contre mon front, tes rêves
         Aux lueurs d’arc-en-ciel vont se réduire en cendres sur ma poitrine…
Vois, les ombres de mes victimes errent derrière mes épaules…

— Qui es-tu ? Un rêve éveillé, funeste, venu des brumes noires,
         Des formes ignorées, mystérieuses et nouvelles ?…
         Oh, non… je connais ce sourire… ce buste de marbre…
Qui es-tu, femme ?!
                                  —   Je suis la semence du mal…

J’existais déjà bien avant que la lumière ne jaillisse du soleil,
         Bien avant que le soleil n’entoure la terre de ses rayons lugubres,
Bien avant qu’il n’éclate en mille feux de couleur sur un arc-en-ciel…

J’ai, de toute éternité, empoisonné les rêves les plus purs, les plus doux,
         Le fardeau du plaisir, en moi, ne portait qu’une malédiction…
.           .           .           .           .           .           .           .           .           .           .           .
J’étais là bien avant que la déesse Psyché ne vienne au monde…

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original: Antologia Młodej Polski

Image domaine public: wikimedia

Publicités