« Mon âme a choisi sa demeure… », poème de Tadeusz Miciński

Le Dernier Homme, 1849, John Martin

MON ÂME A CHOISI SA DEMEURE…

Est-ce que tu penses accomplir des miracles sur les morts ?
Qui, une fois dans la tombe, racontera Ton amour et Ta vérité — sur la terre de l’oubli ?

Mon âme a choisi sa demeure dans des villes dépeuplées,
Et elle brûle ses yeux au spectre de l’ennui — mon âme
avance, quelque part, dans des lointains sans noms,
comme un enterrement emporte les lépreux à l’écart de la ville.

Des cloches fêlées bourdonnent dans mes oreilles,
un ange sombre me mène derrière lui —
et, comme un flagellant, couvert de deuil, je pleure
— et dans mes larmes sonnent les cloches de l’infortune.

Dans la vallée gelée de l’Ombre de la mort,
où scintillent les sarcophages des étoiles,
je creuse ma fosse — et ainsi, nu — je descends
avec une flamme, dans les ombres de la mort.

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original: Antologia Młodej Polski

Image domaine public: wikimedia

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