« Je m’abreuve de bruyères… », poème de Tadeusz Miciński

Cachemire, 1860, George Landseer

JE M’ABREUVE DE BRUYÈRES…

Je m’abreuve de bruyères, de fougères de cuivre,
de soleil d’argent et d’azur profond.
Les torrents qui se rassemblent —
                             coulent — par la vallée —
s’unissent —
                             et se déversent — à travers neiges et rochers —
leurs cœurs —
                             leurs épaules se pressent dans les nuages.
Mon âme vole autour des sommets de l’Himalaya —
autour de villes fortifiées —
                             de pagodes que seul le cœur connaît —
depuis un cloître endormi — j’observe la mer,
vers le Nirvana céleste, doré et miroitant —
vers les granites noirs, insondables, écumants.

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original: Antologia Młodej Polski

Image domaine public: catalogue en ligne

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