« Louange à la vie », poème de Władysław Orkan

Le Soleil, 1912, Edvard Munch (détail)

        LOUANGE À LA VIE

Je me suis levé très tôt, ce matin,
Quand les oiseaux jasent, au lever du jour,
Pour rendre louange à la vie,
Avant que les voix des plaines ne se lèvent à leur tour…

Tout ce qui chante ainsi le bonheur
Nous fait don de l’amour —
Et ce précieux trésor n’a de valeur
Que lorsque notre âme l’attend en retour.

Les azurs enflammés, les cordes
Qui scintillent d’or dans l’obscurité,
Les sommets des montagnes occupés par le ciel —
Sonnent au nom d’un jour merveilleux !

La lueur rose se lève
S’enflamme avec des reflets dorés —
Et les contrées acérées des Tatras sont
Comme des épées pleines de lumières!

L’aube matinale a fleuri,
Les cieux ont jailli dans le feu —
L’âme chante : hosanna !
Et se réjouit comme un oiseau —

Depuis le sol qui se couvre d’or,
De ravissantes voix s’éveillent —
Le buisson des roses frémit et sonne
Sous le chant divin de jeunes oiseaux.

La lueur, toujours plus blanche, se lève
Sur les aubes qui versent l’or —
Et sur sa barque de feu et de lumière,
Le Soleil s’en va vers le large…

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original: Antologia Młodej Polski

Image domaine public: wikimedia

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