« Le chevalier errant », poème de Wacław Rolicz-Lieder

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Le chevalier errant

Je marchais d’un pas constant sur des routes étrangères,
Devancé par les gens, tenu à l’écart des foules,
Parce qu’en célébrant l’office, je portais le drapeau de ma patrie,
Qui ralliait sous sa garde la dignité et la fierté d’un peuple.

J’ai vu des nations richissimes et libres,
Nichées, comme des aigles, sur la crête des rochers ;
Je les ai observées — sans éprouver d’envie, et j’ai porté plus loin
Mes pas ralentis, en suivant l’horizon de mes voyages.

Quand je marchais, les gens parfois s’arrêtaient près de moi,
Ils me suivaient longtemps du regard et ils murmuraient en secret :
Dieu envoie cet homme pour nous faire comprendre
Que près de l’or et de nos désirs, il nous manque bien une chose ;

Il nous manque ce que les syllabes ne peuvent dire en un mot,
Il nous manque l’odeur qui emplit chaque recoin de terre, en Pologne,
Il nous manque ce sans quoi l’être le plus puissant — n’est rien ;
Il nous manque ce qui du plus faible fait un brave parmi les puissants.

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original: Antologia Młodej Polski

Image domaine public: wikimedia

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