« Affinité d’ombres et de fleurs en le soir », poème français de Wincenty Korab-Brzozowski

Garden in May, 1895, Maria Oakey Dewing

« Affinité d’ombres et de fleurs en le soir »

Ô le tournoiement d’Ombres mortes
En l’espace bleu des airs vifs,
Et les cascades sous les portes,
Des noir palais pensifs des ifs !

Ô les danses sans pleurs de violes
Des diamants du ciel pâli,
Et les valses des lucioles
Sur l’herbe en pleurs, en fleurs d’oubli !

      Aimez-vous les camélias,
            Ophélia ?
            Julia ?

      Aimez-vous les acacias
      Languissant au vent sonore,
            Porcia ?
            Léonore ?

      La tubéreuse au long abandon,
            Ninon ?

      Sur la pourpre royale, le lys,
            Alice ?

Ô le tournoiement d’Ombres mortes
– Ophélia, Julia, Porcia, Léonore, Ninon, Alice –
En l’espace bleu des airs vifs,
Et les cascades sous les portes
Des noirs palais pensifs des ifs !

La lune, pâle esquif d’acier,
Emporte la Fleuriste triste ;
Les fleurs meurent sur les glaciers
– Camélias, acacias, tubéreuses, lys –
Toutes les fleurs de la Fleuriste !

Ô les danses sans pleurs de violes
Des diamants du ciel pâli,
Et les valses des lucioles
Sur l’herbe en pleurs, en fleurs d’oubli !

Poème original écrit en français et issu de l’anthologie « Dusza mówiąca » (J. Mortkowicz, Varsovie, 1910) de Wincenty Korab-Brzozowski, de la section du recueil « Autant en emporte le vent »

Texte domaine public

Image domaine public: wikimedia

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