Biographie de Wincenty Korab-Brzozowski (1877-1941)

Wincenty Korab-Brzozowski (ou Vincent de Korab) est un poète et traducteur polonais, né en 1877 à Lattaquié, en Syrie, et mort le 3 avril 1941 à Varsovie. Il est le fils du poète romantique Karol Brzozowski (1821-1904). Avec son frère, le poète Stanisław Korab-Brzozowski (1876-1901), ils ont écrit et dédié le cycle de sonnets « Les Triomphes«  [Triumfy] à leur père Karol. Vincent de Korab a vécu avec sa famille à Lvov, en Ukraine, puis il a voyagé à l’étranger à partir de 1900. Après le suicide de son frère Stanisław, en 1901, il passe sa vie entre la France et la Syrie, menant une existence vagabonde. Il vit à Paris à partir de 1904, où il devient correspondant pour une revue artistique, L’Art [Sztuka]. Il se lie d’amitié avec des poètes, notamment le poète symboliste Jean Moréas, d’origine grecque, dont il traduit des poèmes. Ensuite, il vit de nouveau en Syrie. Il revient en Pologne en 1935, avant de mourir en 1941, à Varsovie.

Wincenty Korab-Brzozowski a été perçu comme un novateur en poésie. Ses poèmes sont regroupés dans un unique tome de poésie « L’Âme qui parle » [Dusza Mówiąca], paru en 1910, et qui s’ouvre sur un poème dédié à son frère disparu. On y retrouve des cycles de poèmes écrits en polonais — « Domus aurea« , « Les Triomphes » [Triumfy], « La Rencontre » [Spotkanie], « Du Charbon de la tristesse et du crève-coeur » [Węglem smutku i zgryzoty], « Les Symboles » [Symbole], « Le Centaure » [Centaur] — et d’autres écrits en français — comme « Autant en emporte le vent » et « Épopée« . D’origine française par sa mère, Vincent de Korab a traduit Verlaine, Jean Moréas et Marcel Schwob, ainsi que des poètes orientaux. Il devient célèbre en 1899, avec le poème « Affinité d’ombres et de fleurs en le soir », écrit en français et traduit par son frère. Ce poème symboliste paraît dans la revue « La Vie » [Życie], une revue animée par Stanisław Przybyszewski, autour duquel gravitent la plupart des poètes de l’époque. Ce poème a soulevé de nombreuses polémiques dans les cercles littéraires. Dans un style nouveau et en rupture avec les conventions classiques, il se rattache, en effet, aux courants décadents défendant la théorie de « l’art pour l’art », et fait écho aux poèmes de Théophile Gautier. En 1940, il édite un dernier recueil, « 37 Stances », écrit en français, et traduit en 1950 par Stanisław Pieńkowski dans L’Hebdomadaire Universel [Tygodnik Powszechny].

Dans son écriture et dans son style, Vincent de Korab a été influencé par la rencontre des poètes français. Etant francophone, il a lu et traduit les poètes symbolistes de son époque, et il s’est imprégné de leur style. Il a non seulement traduit en polonais tous ces poètes modernes, mais il a aussi composé sa propre oeuvre en s’inspirant de l’innovation poétique de ces auteurs. C’est en ce sens qu’il a pu innover dans la poésie polonaise de l’époque, en apportant ce souffle nouveau et en faisant connaître de nouvelles formes d’écriture. C’est grâce à des poètes comme lui, qui ont voyagé, qui ont lu et traduit des auteurs étrangers, que le mouvement de la Jeune Pologne a pu s’apparenter et s’inscrire dans la lignée de ces courants modernistes européens, que sont le symbolisme, l’expressionisme, le Parnasse, etc. Les traductions de ces poètes ont permis la connaissance et la découverte d’oeuvres originales. Les écritures se sont enrichies mutuellement par ces traductions et ces échanges entre les poètes français et polonais.

Portrait domaine public: wikimedia

Illustration domaine public: wikimedia

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