« Bouquet froid », poème français de Wincenty Korab-Brzozowski

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Bouquet froid

Je ne suis pas encor frère des condamnés
A regretter la vie, et la vie en moi plane;
Cependant je m’en vais par les champs où l’on glane
Avec humble douceur les pâles lys fanés.

Je me suis incliné comme ces ombres vaines
Qui portent des linceuls trainants couleur d’ennui,
Et, sous un firmament où nul astre ne luit,
En songeant, j’ai cueilli les roses souterraines.

Prends-le, ce froid bouquet, comme marque suprême
De mon immense amour, ô toi seule que j’aime,
Et chaque soir aspire un moment ses parfums:

Par eux initiée à la monotonie
Navrante infiniment des climats d’agonie,
Moins amers te seront les regrets des défunts.

Poème original écrit en français et issu de l’anthologie « Dusza mówiąca » (J. Mortkowicz, Varsovie, 1910) de Wincenty Korab-Brzozowski, de la section du recueil « Autant en emporte le vent ».

Texte domaine public

Image domaine public: pinakoteka

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