Biographie de Bogusław Adamowicz (1870-1944)

Anges, Odilon RedonBogusław Adamowicz  est un poète, prosateur, romancier, auteur de nouvelles et de récits fantastiques, connu aussi comme peintre miniaturiste. Il est né le 13 janvier 1870 à Minsk, en Biélorussie, et mort en 1944, probablement à Varsovie, au moment de l’insurrection. Il débute l’écriture en 1893, dans la revue « Głos » [La Voix], à Varsovie. Il voyage en Pologne, en Italie et à Paris, où il étudie la peinture. Son recueil le plus connu « Poésies » [Poezje] est publié à Paris en 1902. A Cracovie, il se lie au « Zielony balonik », le cabaret du « Petit Ballon Vert », un cercle littéraire créé en 1905 par des intellectuels et des artistes, et qui subsiste jusqu’en1912. En 1911, Bogusław Adamowicz revient à Minsk et il y vit jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Puis, de 1918 à 1920, il est rédacteur au Coursier de Minsk [Goniec Minska]. En 1920, il quitte Minsk. Il vit désormais à Varsovie, de 1920 à 1944. Il disparaît mystérieusement en 1944, évacué après l’insurrection de Varsovie, à laquelle il a sans doute pris part.

L’œuvre de Bogusław Adamowicz est marquée par un profond pessimisme propre à la littérature de l’époque. Comme d’autres poètes polonais, il a été influencé par les œuvres d’Edgar Allan Poe et de Charles Baudelaire. Il est l’héritier d’un romantisme qui a souvent associé l’érotisme, l’image du mal et la réflexion sur la déchéance de l’humanité. La thématique de ses poèmes est qualifiée de « nécrofilo-érotique », elle est liée à la mort et à la révolte satanique. Il y a de grandes ressemblances dans son œuvre avec certains poèmes des Fleurs du mal (1857). Comme chez Baudelaire, les symboles de l’ange déchu sont les symboles d’une révolte existentielle, d’une quête de la liberté et de la soif de l’idéal. Le beau et la création poétique répondent à cette exigence d’idéal. La poésie donne un sens à l’existence.

Une autre influence de son œuvre est le courant de la « philosophie génésique », un concept créé par Juliusz Słowacki et qui a tenté de donner sens aux révolutions, notamment celle de 1848, ainsi qu’aux événements tragiques de l’histoire : la philosophie génésique est un courant qui interprète « les défaites et les souffrances de l’histoire polonaise comme des « pressions » divines contraignant le peuple à un perpétuel élan vers la liberté ». (Patrimoine littéraire européen, vol. 11A, Renaissances nationales et conscience universelle, 1832-1885, Romantismes triomphants, Jean-Claude Polet). D’autres poètes de la Jeune Pologne, soucieux de spiritualité, se sont aussi intéressés à ce concept, comme Tadeusz Miciński, Antoni Lange et Wacław Rolicz-Lieder.

L’œuvre de Bogusław Adamowicz se divise en deux parties. Tout d’abord, les œuvres poétiques : « Le Jeu de l’imaginaire » [Gra wyobraźni, 1893], « La Tragédie du sang » [Tragedia krwi, 1897], « Mélodies » [Melodie, 1898], « Poésies » [Poezje, 1899 et 1903], et « Rapsodie de l’humanité » [Rapsod ludzkości, 1911]. Ensuite, les romans et les récits fantastiques : « La Guerre avec les esprits » [Wojna z duchami, 1908] réédité en 1909 sous le titre « Dans la Vieille Cour. Récit fantastique » [W starym dworze. Powieść fantastyczna], « Le Secret d’une vie longue et d’une vie courte » [Tajemnica długiego i krótkiego życia, 1911], « La bêtise immortelle. Fantaisie narrative » [Nieśmiertelne głupstwo. Fantazja powieściowa, 1912], « Le Maréchal bienheureux » [Wesoły marszałek, 1922], « Le Monde en jaune » [Świat na żółto, 1925], réédité sous le titre « Le Triomphe des jaunes » [Triumf żółtych, 1927]. Certains de ses récits ont été traduits en français par Paul Cazin (1881-1963), écrivain et traducteur polonisant, surnommé « le bienheureux Paul d’Autun ».

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