« Hurle, ô foudre !… », poème de Tadeusz Miciński

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HURLE, Ô FOUDRE !…

Hurle, ô foudre ! ô vent, déchire ces cordes
où ce nain misérable — la Terre — me retient et m’étrangle,
jette-les au large de l’étendue où l’âme perd la parole,
dans le grand poème cabalistique de la nature.
Ombre souterraine ! Tes pentes sourdes et tes précipices
me mènent aux allées oubliées des tombeaux —
moi — Prométhée enchaîné aux galères —
je crains les insultes et les moqueries des étoiles froides.
Un feu secret réduit mon cœur en cendres,
comme le bloc de glace qui détruit la roche de granit.
Pélion sur l’Ossa ! la mer furieuse, déchaînée,
les volcans, les soleils pour la conquête de l’âme —
qu’ai-je pris en possession ? la fleur des champs célestes —
et une douleur inconcevable — silencieuse, infinie.

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original: Antologia Młodej Polski

Image domaine public: wikimedia

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