La philosophie génésique dans la poésie polonaise

Traduction de l’article publié sur Wikipédia

Philosophie génésique – concept philosophique créé par Juliusz Słowacki (visible notamment dans les poèmes « L’Esprit-Roi » [Król-Duch] et « Genèse de l’Esprit » [Genezis z Ducha]), des œuvres qui analysent aussi bien le rôle du peuple que celui des entités dans l’histoire.

Selon Słowacki, chaque forme de vie sur terre possède deux dimensions : une dimension matérielle (corporelle) et une dimension spirituelle, où la matière ne remplit qu’une fonction utilitaire – elle est un instrument, dont l’être doit se libérer pour atteindre un nouvel état de conscience et d’existence. Pour cela, le sacrifice douloureux de sa propre vie est cependant nécessaire ; d’où le conflit séculaire de l’homme entre le monde de l’âme et la volupté. La mort est un changement de forme, une libération de l’esprit, de la même manière que la révolution est une manifestation de l’action de l’Esprit des Événements qui tend à la libération face à la douleur. L’Histoire, en revanche, est une arène, où cet Esprit change de forme et où il acquiert une conscience supérieure ; c’est ainsi que Słowacki interprétait la Révolution Française, les événements du peuple polonais et des peuples du monde.

L’Esprit (« Duch », qui s’écrit avec un « D » majuscule), est également chez Słowacki le terme désignant une force primitive, proche et indéfinie, libérée du Verbe. L’Esprit fut, en quelque sorte, le commencement, ce qui a donné naissance à l’ensemble des esprits terrestres, mais aussi la somme et l’élément commun de ces esprits. En considérant la chose de la manière la plus simple : toute forme d’existence tend vers l’Esprit et vient de l’Esprit.

Słowacki évoquait aussi à la possibilité, selon laquelle certains êtres peuvent être très liés émotionnellement à leur forme corporelle, ce qui empêche l’évolution de ces êtres. Dans ce cas, Dieu intervient, en donnant à ces entités l’occasion de se purifier spirituellement. Après la mort, chaque être se métamorphose pourtant en prenant la forme qui convient à sa forme spirituelle. Słowacki se rapproche, du point de vue de sa philosophie, de la théorie de la métempsychose, ou des métamorphoses sans fin. Contrairement à ce qu’affirmait Andrzej Towiański, Słowacki rejetait cependant la possibilité d’une évolution en arrière, vers des formes spirituelles inférieures, même chez les gens moralement détruits.

Par la suite, se sont intéressés aussi à la Philosophie génésique: Tadeusz Miciński et Antoni Lange. Selon Miciński, les actes de l’humanité trouvent leur départ (leur genèse) dans le néant, dans un point anhistorique. Antoni Lange, quant à lui, faisait le lien entre la philosophie génésique et le bouddhisme, l’évaluant du point de vue de la réincarnation, et révélant les analogies entre les postulats de la philosophie génésique et les mythologies exotiques. De moindre manière, Bogusław Adamowicz, un poète de la Jeune Pologne,  s’est aussi référé à la philosophie génésique.

CC BY-SA

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