« Le mois de mai », poème de Maria Komornicka

Le Printemps, 1898-1901, Victor Borissov-Moussatov

Le mois de mai

Dans les profondeurs secrètes d’un jardin, au loin,
Le coucou appelle et chante
Dans les vagues des arbres verts —
Viens, — chante-t-il — la vie fuit et s’en va
Dans la folie du mois de mai,
La mort t’attend, comme un amant,
Avec une couronne sur la tête.
Viens à moi, dans la chênaie silencieuse,
Dans la lumière flottante et parfumée
Des feuilles vertes,
Un rêve très étrange va
Se réaliser —
C’est toi qu’il-attend ! qu’il-attend ! qu’il-attend !
                           *          *
                                nbsp;*
Je vais détacher la barque du rivage —
Et partir, m’éloigner
Entre les profondeurs et le ciel vide
Dans le gouffre
Des horizons — —
Je m’attacherai dans leur course
Aux rayons du soleil —
Je glisserai
Le long des voies lactées de saphir —
      Je détacherai mes pieds de la terre —
      Je m’envolerai
      Sur les courbes claires du ciel
      Qui brillent
      Dans des arcs-en-ciel,
      Et sur les traces des étoiles d’or,
      Avec des larmes
      De ravissement, de bonheur et de regret,
      Je m’envolerai.

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original: Antologia Młodej Polski

Image domaine public: wikimedia

Publicités