« La tentation », poème de Maria Komornicka

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La tentation

Je suis attirée par le visage du mal et sa beauté de sphinx —
Je suis attirée par l’abîme noir-flamboyant —
Par ses secrets insondables —
Par ses éclairs tranchants, brillants, splendides,
Et par l’odeur fauve du pelage roux.

Le souffle chaud du démon brûle
Ma nuque découverte, mes seins nus —
J’entends le chœur des damnés, au loin,
Le craquement des arbres secs, le fracas de l’acier —
Et je tremble… et réponds en frémissant des lèvres…

Sur les herbes rugueuses du marécage —
Mes pieds lavés, nus — se sont avancés —
Devant moi, brûle le feu d’une aube en sang —
Derrière, les murmures sans voix de la peur…

Et le pleur lointain d’une cascade…

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original: Antologia Młodej Polski

Image domaine public: wikimedia

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