« Berceuse », poème de Marya Szpyrkówna

Krzyż na rozstaju, 1906, Michał Wywiórski (Gorstkin)

Berceuse

— Dormez, beaux rêves de jeunesse !…
sur vous, j’étends le marbre,
et j’y pose une croix noire —
que je couronne d’épine fleurie,
le tombeau, je l’orne de fleurs pâles —
et, en silence, je le bénis… —
Pour vous n’est pas le souffle froid,
non plus l’existence terrestre,
ni la douleur insurmontable.
— pour vous sont les ombres éternelles,
et l’habit de brumes chétives,
ainsi que la pierre tombale…
Couronnés de brume céleste,
et tramés d’un silence perpétuel,
reposez dans la pureté blanche —
que, près de vous, les épines fleurissent,
et qu’elles vous bercent
près des luths de leurs anges…

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original issu du recueil « Zwrotki jesienne » (1911)

Image domaine public: pinakoteka

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