« Il paraît qu’avant les siècles… », poème de Marya Szpyrkówna

Paul BAUDRY, La Vérité, 19ème siècle

— Il paraît qu’avant les siècles, la vérité
nue, dans le monde fut lâchée ;
c’était encore bien à l’époque, où
les hommes ne connaissaient point l’habit.
— Mais sur notre terre, avec le temps,
le cours des choses changea ;
la négligence de la mise est ce que
réprouve notre siècle esthétique.
— Mais, d’un autre côté, il est évident
que la vérité pour toutes sortes d’entraves
(rideaux, robes et tissus en coton)
nourrit une aversion incontestable.
Ainsi, quelque part dans les déserts,
elle aurait erré pendant plusieurs années,
en attendant qu’un jour, peut-être,
le monde atténue sa sentence.
— Jusqu’à ce qu’enfin, paraît-il, dissuadée
elle revint aux portes de l’Éden…
Peut-être qu’elle reviendra en costume,
ou qu’elle restera peut-être là-bas ?…

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original issu du recueil « Zwrotki jesienne » (1911)

Image domaine public: catalogue Joconde

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