« Tu ne m’es plus rien… », poème de Marya Szpyrkówna

L'arbre aux corbeaux, 1822, Caspar David Friedrich

— Tu ne m’es plus rien.
                                         Que cet oiseau qui vole,
plane sans arrêt… et sans savoir, frôle le sommet d’un arbre,
les feuilles frémissent — — et leur murmure
longtemps vibre d’un son triste — — un chant, on dirait — —
de même toi — dans un envol — et bien avant, peut-être — —
tu as meurtri les cordes tendues dans mon âme — —
et depuis là, coule sur ces cordes la tristesse
avec le chagrin de ces chants maudits…
— Tu ne m’es plus rien, je le sais — et, je sais, tu es si loin…
Mais mon âme éveillée, attristée — — languissante — —
vole vers toi par-delà les fleuves et les mers,
bien que des chemins si vastes soient entre nous deux…
         — rejetée la vague ainsi par le rivage, revient
         incessamment vers ses rives bien-aimées…

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original issu du recueil « Zwrotki jesienne » (1911)

Image domaine public: wikimedia

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