« Morskie Oko de nuit », poème de Marya Szpyrkówna

Morskie Oko, 1921, Aleksander Mroczkowski

Morskie Oko de nuit

Au-dessus de la profondeur d’émeraude de l’eau,
les anneaux se sont figés des roches nues —
et des hauteurs, du regard ils poursuivent
les ombres reflétées dans les profondeurs…
D’émeraude ils miroitent et d’opale,
ondulés les cercles de l’eau —
Chaque mois, la lueur qui tombe sur les flots
rêveurs, jette des rubans d’argenture brodés…
Le silence qui souffle depuis la hauteur des monts
a comme ensorcelé le cortège des rochers —
et le miroir de l’eau, insensiblement,
regarde du mois revenu le cercle blafard…
— Et les sévères couronnes de ces montagnes,
avec la circonférence de l’eau au sombre visage,
— sont comme les deux alliées silencieuses
d’un même mystère qui dure depuis des siècles…

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original issu du recueil « Zwrotki jesienne » (1911)

Image domaine public: pinakoteka

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