« Ainsi, ce fut le printemps… », poème de Marya Szpyrkówna

— Ainsi, ce fut le printemps — enivrant, parfumé —
avec un murmure lointain de ruisseau, en bruit de fond —
et le soupir scintillant d’un mois clair et lumineux,
et le chant du silence — et le calme des mots…
— Il y eut ainsi le bonheur qui naissait dans l’âme,
et le monde était entier, comme le ciel à l’aube —
jusqu’à ce que l’ouragan se lève, qui brise et émiette,
jusqu’à ce que souffle et se déchaîne l’ouragan sur la vie —
— et il dispersa en néant l’idylle immémoriale,
— et le chant se lamente au-dessus d’une nouvelle tombe…
— Les gens savants nomment cela: l’Ananke…
mais notre peuple dit qu’il — n’y eut pas de destin…

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original issu du recueil « Zwrotki jesienne » (1911)

Image domaine public: artgallery

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