« L’hôte », poème de Leopold Staff

Eugeniusz Zak Mohylno, Le mendiant, 1920-1921L’HÔTE

Reposes-toi dans ma demeure…
Tu es la souffrance — je te connais.
Tu erres au milieu des champs
Avec des habits de mendiant…
Ô, frère !
J’ai un verger et une ruche d’or,
Du pain et du sel,
Dans ma maison…

Qui mange de mon pain
Calmera et apaisera sa faim…
Ô, bois de mon miel ! —
Si tu as besoin de repos et de rêve,
La chaleur du ciel
Ne traverse pas la fraîcheur de mes tilleuls…
Dépêche-toi ! Prends de mon bétail
Et de mon pain…

Car, avant que tu aies emporté tout cela
En même temps que mon cœur,
Tu auras abandonné à la face du jour
Ma chaumière basse,
Pour ne pas connaître de plus près
Les dangers que je sais :
De savoir que tout
N’est seulement qu’un rêve…

Et toi, et moi…

Traduit par Chantal Lainé

CC BY-NC-SA

Texte original: Antologia Młodej Polski

Image domaine public: pinakoteka

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